L’émerveillement
Blogue – été 2026
L’Émerveillement
La période estivale est propice à faire les choses autrement; la température plus douce nous incite à être plus souvent en contact avec les autres et avec la nature : le jardinage, les randonnées, les voyages, la faune et la flore n’en sont que quelques exemples.
Les plus longues heures de luminosité, les vacances, le dépaysement et la découverte de nouveaux lieux : tout cela peut se vivre tout au long de l’année et pas seulement l’été.
Mais l’été il y a comme une disponibilité, une aisance plus favorable à ces communions et découvertes. Une manière de voir le monde qui peut transformer notre quotidien. Se laisser surprendre sans jugement, dans le moment présent et tout ce qu’il a à offrir. Avoir une saine curiosité.
Est-ce qu’il y a des moments mémorables qui ont marqué votre esprit et qui sont source d’émerveillement?
- Au début des années ’80 je travaille de nuit comme infirmière au 3e étage de l’hôpital. Au poste des infirmières où l’on fait nos notes dans les dossiers, il y a de grandes fenêtres qui font face à l’église avec son grand clocher. Au petit matin, j’entends soudainement un bruit qui s’intensifie d’instant en instant et attire mon regard vers les fenêtres et ce que je vois est majestueux : le lever du soleil au travers le clocher et une multitude de bernaches qui volent dans ce ciel d’une beauté extraordinaire. Mot clé dans l’émerveillement : Surprise face à quelque chose.
- Printemps 2022 signifie la reprise des activités culturelles après la pandémie vécue. Les annonces de spectacles se font entendre par les animateurs dans nos radios. Et voilà que dans un élan spontané, je décide de me rendre à la salle de spectacle avec à peine une heure de délai avant le début de la prestation de l’artiste. Assise dans la salle en respectant la distance d’un banc entre chacun de nous, je ris intérieurement de ce que je suis en train de faire car ce n’est pas dans mes habitudes d’assister seule à des spectacles. Et voilà, le rideau se lève et Tire le coyote débute sa prestation avec beaucoup d’émotions. J’en ai les larmes aux yeux, tellement c’est doux et c’est beau. Plusieurs autres sont émus de renouer avec l’art vivant après avoir été privé des mois à cause de la pandémie. Autre mot clé dans l’émerveillement : L’émotion.
- 2006, Richard Séguin chante Première lettre. Se laisser émouvoir par les paroles de chansons criant de tant de vérité et de sensibilité. Ça m’a donné le goût de découvrir Hemingway, donc j’ai lu Le vieil homme et la mer. Avez-vous vu le film La petite et le vieux? Paru en 2024, Gildor Roy y incarne le vieux. Je ne veux pas dévoiler une partie de l’histoire mais je vous invite à écouter cette chanson de Richard Séguin, à lire ce livre si ça vous dit, mais ce n’est pas essentiel pour saisir le message autant que l’écoute de la chanson. Touchant. Autre mot clé dans l’émerveillement : Moment d’espoir.
- Il y a quelques années, Marc Hervieux animait une émission à Ici musique de Radio-Canada. Un dimanche matin de mai ou juin, je me prépare à faire un pain inspiré par le témoignage passionnant d’Emmanuel Bilodeau sur le plaisir de faire son pain. Je me suis procuré le livre dont il vantait les mérites, Boulange et boustifaille aux éditions de l’homme 2014. Ce livre n’est pas que technique, il y a aussi des histoires et de la philosophie « surtout ayez du plaisir> et <au moment d’enfourner, attendez au moins 1h30 et pour meubler l’attente servez-vous un apéritif et célébrer! » Alors donc, me voilà à pétrir ce pain en devenir, il fait soleil, la douce brise fait lever les rideaux de la fenêtre et la radio diffuse une musique qui me transporte, je la connais mais n’arrive pas à me rappeler ce que c’est. Mais je suis bien et j’entends l’animateur nommer le thème principal du film La vie est belle. Autre mot clé de l’émerveillement : Moment de grâce!
Je n’ai raconté que quelques événements, mais il y en a plusieurs autres qui jalonnent mon parcours. Ces moments sont encore très présents dans mon esprit et continuent de m’inspirer et surgissent parfois dans ma mémoire de façon inattendu; Émerveillement.
Néotonie : C’est l’art de ne pas perdre l’émerveillement. De garder en soi cette étincelle enfantine qui s’étonne, qui rit, qui s’émerveille. La néotonie, c’est garder vivante la fraîcheur du monde, comme si chaque instant était une première fois.
Un émerveillement qui traverse les années et rappelle que la joie ne vieillit pas. Source : Langage du cœur (CNV) Vincent Malique
Cet été, je vous invite à connecter avec le quotidien, votre vie et les situations du moment au travers de vos sens. À la base nos sens servent à nous protéger en nous informant des dangers; ils activent notre système nerveux qui s’alerte afin que nous soyons aux aguets. Mais nous sommes si sollicités et en état d’alerte quasi-permanent que cela nous épuise.
Dans cet article, je veux toucher le plaisir des sens qui active la paix intérieure et crée un environnement sécuritaire tout en favorisant la détente, la découverte et l’émerveillement de vivre.
L’audition / l’écoute
Au réveil le matin, avant d’ouvrir les yeux, l’audition est déjà à l’œuvre. Soit par le réveil matin, soit par les bruits environnants de la maisonnée ou ceux provenant du dehors. À l’écoute, nous entendons le chant des oiseaux, le vent dans les feuilles ou la pluie tomber.
Rosalie Taillefer-Simard a fait un très beau témoignage à l’émission Mimosa à Ici première de Radio-Canada le 8 juin dernier. Malgré sa surdité et grâce à l’implant cochléaire, elle est émerveillée de voir comment elle s’épanouit avec son enfant de deux ans.
La vue
Regarder l’eau de la rivière et vous laisser éblouir par les reflets scintillants de la lumière qui joue avec les vagues. Cette luminothérapie naturelle stimule la production de sérotonine et d’endorphines et procure un effet apaisant.
En plus, cela nous fait rêver de voyage et nous invite à se laisser porter
Savez-vous regarder? Voir au-delà du premier plan.
L’odorat
L’odeur des fleurs tout au long de la belle saison, du printemps à l’automne, embaume la nature qui se pare de fleurs aux multiples parfums et nous exaltent. Que ce soient les fleurs cultivées dans les jardins (roses, pivoines, etc.), les arbres comme le lilas ou les fleurs sauvages (le trèfle et la camomille), autant que dans les potagers comme le basilic (le basilic pourpre est particulièrement odorant et délicieux).
Le goût
Le petit enfant qui commence à manger et découvre toute la diversité alimentaire en est qu’à ses débuts. De plus en plus nous voyons des parents qui choisissent l’alimentation autonome *.
L’alimentation chez la personne aînée est aussi très importante et nécessite un suivi afin de restimuler le sens du goût et répondre à leurs besoins nutritionnels, tel que le besoin plus élevé en protéines **. Découvrir des saveurs des aliments frais, surtout l’été avec les marchés et les visites aux agriculteurs et fermiers. Fabien Cloutier prodigue un judicieux conseils en suggérant que nous apportions une glacière vide et de la remplir au fur et à mesure de notre périple. Il y a maintenant tant de belles suggestions gourmandes à découvrir.
En plus d’apporter les nutriments essentiels, il y a les plaisirs de la table et des bons repas. Prendre le temps de s’arrêter et de respirer profondément avant de déguster et de savourer ce que l’on mange permet de bonifier l’expérience gustatives.
Le toucher
Cela peut être de marcher pieds nus dans la pelouse et la rosée du matin, sur la plage dans le sable ou dans l’eau avec les petites vagues qui touchent les jambes. Amusez-vous à attraper de petits objets avec vos orteils, ce peut être un petit jeu pour tous.
Nombreux sont les témoignages sur les bienfaits de faire du jardinage. Il y a aussi l’activité de pétrir du pain.
Kevin Parent a chanté Les doigts sur son 1er album, Grand parleur petit faiseur de 1998. Sa chanson se termine par ces mots : « Et la paume de ma main imprimée de mille chemins semble vouloir me dire que je n’existe pas pour rien. »
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À chaque fois que vous prenez le temps d’être dans le moment présent en commençant par la respiration consciente et d’être attentive à vos sens, vous nourrissez votre système parasympathique.
Et tous ces moments que vous aurez emmagasiné seront d’un précieux secours dans les moments de doutes ou de découragement, car ils vous permettront de vous reconnecter avec cette part d’émerveillement qui existe en vous.
*DME : cette approche permet au bébé de participer activement à son alimentation.
**Fondation AGES; reportage en rediffusion le 3 juin 2026 à l’émission l’épicerie de Radio-Canada / Projet NutriAges de la fondation AGES et LISA.